Le présent et l'avenir ne sont pas des décalques du passé mais il est des valeurs qui traversent les siècles. Tel est le cas de l'agrément - la qualité - du vin. C'est le fil conducteur de la viticulture ; la perdre, c'est tout perdre.

     Fondée sur des données économiques, animée par un certain snobisme, ne négligeant pas les arguments essentiellement commerciaux, parfois moralement contestables en faisant bon marché de consommateurs influençables, la viticulture de profit est devenue largement dominante.
     Elle est appelée à se maintenir, et même à s'étendre, par la nature même de son objectif, et parce qu'elle n'exige pas de connaissances spécialisées.
     La viticulture traditionnelle qui privilégie la qualité du vin et qui entend par là, jouer un rôle social, ne retrouve une rentabilité suffisante que dans les Crus dont la marque jouit d'une certaine renommée. Mal soutenue par les autorités, exigeante en connaissances, elle a peu de chance de développement dans la société actuelle. Elle n'avait plus, en effet, de foyer intellectuel.

     L'Académie Internationale du Vin est née de ce constat.

     Une loi de 1927, d'une rigueur draconienne qui permit son succès, légalisa la notion d'Appellation d'Origine Contrôlée (A.O.C.) et codifia les notions de Grand Vin, de Vin Noble. Pour en organiser la protection, ses concepteurs avaient procédé au recensement des vignobles historiques.
     Au cours des années soixante, sous le fallacieux prétexte d'une meilleure représentation des professions dans son I.N.A.O. (Institut National des Appellations d'Origine) et d'un élargissement des compétences et des missions de celui-ci au domaine de l'économie, la France, qui, la première au monde, s'était donné les moyens de définir et de contrôler les Grands Vins d'Appellation d'Origine, provoquait une déviation progressive de son action, par la modification de ses fondements juridiques, dans leur forme et leur esprit.

     Dès lors, quelques hommes sensés eurent à mesurer l'abîme qui allait se creusant entre Vin Noble et Appellation, jusque là en si proche symbiose.

     Ces hommes, à titre divers, s'interrogeaient sur l'avenir du Vin Noble en tant que tel. Parmi eux un citoyen Helvétique journaliste, éditorialiste et éditeur, passionné par le Vin d'Origine : Constant Bourquin entama le cheminement qui devait amener à créer un organisme devant être à la fois une mémoire, un conservatoire, un atelier de réflexions et de propositions, aussi un bastion pour la défense du Grand Vin d'Origine Historique et par là même Noble. Commencée en 1968, sa démarche se poursuivit durant près de quatre années. Il rallia très tôt à la cause, en premier André Parcé - vigneron en France - à Banyuls, qui fut toujours un défenseur de la vérité du vin et des terroirs, puis Jacques Perrin, qui, à Châteauneuf-du-Pape avait témoigné fidélité et entière collaboration au Baron Pierre Le Roy ; s'ajoutèrent nombre de personnalités, Françaises ou Etrangères, des métiers du vin ou non, ayant comme point commun d'être des inconditionnels de notre cause : aussi, le fruit étant parvenu à maturité, le 25 juin 1971, en la bonne ville de Bordeaux dans la Maison du Vin, eut lieu l'Assemblée Constitutive de l'Académie Internationale du Vin ; association sans but lucratif, ressortant du droit suisse, son siège social se trouve à Genève, 1 Quai Turrettini.

     Les Membres Fondateurs présents étaient onze, un citoyen Helvétique, Constant Bourquin, et dix Français ; ils cooptèrent sur-le-champ vingt et une autres personnalités ayant défendu, défendant et devant défendre manifestement et doctement la cause du Vin Noble Naturellement élaboré, les Vins Historiques, et de leurs Eaux-de-vie dérivées ; ces personnalités avaient donné leur accord de participation par écrit faute d'avoir pu effectuer le déplacement.

     Et c'est à Genève que se tint le 24 novembre l'Assemblée Générale Constitutive au cours de laquelle furent adoptés les statuts définitifs et confirmée l'élection des membres cooptés, ainsi que celle de 19 autres personnalités, pour atteindre le chiffre maximal statutaire.

     La langue d'usage obligatoire est le français ; l'Académie est totalement indépendante financièrement et moralement des gouvernements, aussi des groupements associations ou syndicats professionnels et interprofessionnels, et de toutes sociétés commerciales, y compris celles dont ses membres pourraient faire partie. On devient membre de l'AIV par cooptation et sur parrainage d'au moins deux Membres Titulaires.

     Les ressources de l'association sont constituées par les cotisations de ses membres et par leurs dons.

     Par ailleurs, afin de conserver son aspect international, aucune nationalité ne peut compter au sein de l'Académie un nombre de ressortissant supérieur aux deux cinquièmes du nombre total des membres. Le nombre des Titulaires ne peut être inférieur à quarante, ni supérieur à quatre vingt.

     Enfin ce sont les dispositions des articles 60 et suivants du Code Civil Suisse qui régissent statutairement l'association.

     A l'heure actuelle l'Académie Internationale du Vin compte les représentants de 17 pays émanant de quatre continents. Après le décès de Constant Bourquin en décembre 1974, la Présidence fut assurée successivement par : Victor de la Serna (Espagne), Jacques Puisais (France), Riccardo Riccardi (Italie), le Docteur André Parcé (France), William Von Niederhausern (Suisse), et depuis janvier 2001 Robert Haas (Etats-Unis).
Jean-Pierre Perrin (France) en est le chancelier perpétuel.

     L'Académie se réunit d'obligation en Assemblée Générale à deux reprises par année civile : au printemps dans une région productrice de grands vins d'origine, alternativement en France, en Europe, dans le Monde. En automne à Genève, au siège social.

     Le Conseil, organe directeur, peut convoquer en sus autant de fois qu'il estime nécessaire en fonction des circonstances et des sujets à étudier. Ceci parce que l'Académie poursuit un but ambitieux, celui d'élaborer, à partir des rapports, mémoires, travaux, provenant de ses membres, commissions ou ateliers, un Code International du Vin de Noble Origine ; celui-ci doit représenter une anthologie regroupant les connaissances actuelles en viticulture, et en viniculture et les confrontant à la primauté du respect de l'essentiel des traditions et des usages ancestraux. Ceci en dehors de tous préalables, suggestions ou contraintes émanant de quelques sources que ce soit, privées ou professionnelles, individuelles ou collectives, aussi bien d'ailleurs que de toute directive émanant d'un gouvernement ou d'un Etat.

     L'Académie Internationale du Vin peut, lorsqu'elle l'estime justifié, décerner son Grand Prix à telle personnalité méritante de par son action au service d'un identique idéal : ainsi a-t-elle attribué celui-ci à deux reprises, à Jean Branas, professeur d'agriculture à Montpellier, et à Michael Broadbent, exégète et commentateur des grands vins d'origine...

     Notre Conseil souhaite présenter à des professionnels de la communication, très avertis de tous ces problèmes, quelques mémoires, dogmatiques illustrant nos concepts, choisis parmi les plus représentatifs de la pensée de l'AIV. Voir dossiers ci-joint.

     Cette ouverture de dialogue avec l'extérieur fait partie d'une nouvelle orientation décidée par le Conseil, soucieux de sortir du cercle fermé et confidentiel, qui a été jusque là l'attitude de l'Académie, en donnant connaissance des très nombreux travaux et mémoires à ce jour archivés.

     Il est souhaitable que ces prises de contact se révèlent fructueuses et enrichissantes pour les deux parties, annonçant l'établissement d'un dialogue confiant et sincère, œuvrant au plus grand renom des Grands Vins de Noble Origine.